Par la rédaction Ombodhi · Publié le · Mis à jour le · environ 11 min de lecture
Actualité : Selon un article, Fauve Doucet souhaite que le prochain gouvernement partage la responsabilité de la santé mentale des employés en épaulant davantage les entrepreneurs. Ce constat relie la responsabilité en santé mentale à la place des employeurs et aux limites de l’accompagnement. (www.lesaffaires.com).
La responsabilité en santé mentale au travail ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des dirigeants. Fauve Doucet appelle le prochain gouvernement à épauler davantage les entrepreneurs et rappelle qu’aider une équipe ne signifie pas être formé à l’intervention sociale.
L’essentiel en 30 secondes
- Fauve Doucet demande au prochain gouvernement de mieux épauler les entrepreneurs pour partager la responsabilité de la santé mentale des employés.
- Les pratiques d’organisation évoquées dans l’article ne constituent pas une réponse complète : vouloir soutenir une équipe ne remplace pas une formation en intervention sociale.
- Statistique Canada indique que la proportion de personnes en emploi ayant une incapacité liée à la santé mentale est passée de 6,4 % en 2019 à 8,7 % en 2021.
- L’APSAM mentionne un contenu de la CNESST sur la santé psychologique au travail, sans prescrire ici une méthode particulière.
- Pour solliciter les RH, nommez un sujet précis, comme la charge de travail ou le soutien social. Distinguez le lien avec le travail d’une cause personnelle que les données ne permettent pas d’affirmer.
- Une discussion avec les RH et une demande de soutien professionnel sont deux démarches distinctes. Info-Social 811 peut répondre aux questions et orienter vers une ressource.
L’appel de Fauve Doucet au prochain gouvernement : partager la responsabilité de la santé mentale des employés
Dans son article publié par Les Affaires, la PDG du Partage Club explique : « On n’est pas formé pour faire de l’intervention sociale, donner les ressources appropriées, surtout en tant que PME. » L’article indique aussi qu’elle souhaite prendre soin de son équipe, qui compte une quinzaine d’employés. Il rapporte la mise en place d’une politique de déconnexion, de la semaine de quatre jours et du travail hybride.
La distinction est décisive. Les pratiques d’organisation mentionnées dans l’article ne sont pas présentées comme une réponse complète à la santé mentale des employés. Le propos de Doucet porte plutôt sur la limite entre vouloir soutenir une équipe et être formé pour intervenir socialement. Pour une PME, garder ces deux questions distinctes évite de confondre attention portée aux employés et compétence en intervention.
Son appel au gouvernement met en avant un partage de responsabilité, pas une attente que les entrepreneurs prennent seuls en charge toutes les situations. Le choix le plus juste est de reconnaître cette limite et de ne pas faire reposer l’accompagnement sur la seule bonne volonté d’un dirigeant. C’est précisément l’appui accru aux entrepreneurs que Doucet souhaite voir venir du prochain gouvernement, selon l’article des Affaires consacré à son appel.
Les repères de détresse et d’invalidité cités par Les Affaires situent cet appel
Statistique Canada fait état d’une progression de l’incapacité liée à la santé mentale parmi les personnes en emploi.
L’étude Disparités en santé mentale et ses déterminants chez les jeunes du secondaire au Québec selon la langue d’enseignement examine la détresse psychologique chez les élèves du secondaire.
L’INSPQ présente la page Détresse psychologique | INSPQ.
Pour les personnes en emploi, Statistique Canada indique que la proportion ayant une incapacité liée à la santé mentale est passée de 6,4 % en 2019 à 8,7 % en 2021, dans ses données sur l’incapacité liée à la santé mentale chez les personnes en emploi.
Ces indicateurs ne se confondent pas : l’INSPQ décrit la détresse psychologique chez les élèves du secondaire, alors que Statistique Canada mesure l’incapacité liée à la santé mentale parmi les personnes en emploi.
Gardez chaque périmètre visible. Pour situer l’appel à partager la responsabilité en santé mentale, l’usage le plus solide consiste à conserver avec chaque chiffre son groupe, son indicateur et sa période, plutôt qu’à réunir sous une même étiquette des données qui ne portent pas sur la même population. Ces repères sont utiles pour éclairer le débat collectif, pas pour tirer un verdict sur une personne ou une organisation. Citez chaque résultat avec son contexte, sans transformer une évolution statistique en explication d’une situation particulière.
L’appel de Doucet relie la responsabilité des employeurs à la prévention des risques psychosociaux
L’APSAM rapporte que la CNESST évoque la protection de l’intégrité psychique du travailleur. Ce repère ne fixe ici aucune méthode particulière pour la prévention des risques psychosociaux.
Le point de départ peut être une question concrète : quelles mesures l’organisation envisage-t-elle pour cette protection ? La question permet de discuter des choix à faire sans réduire la santé mentale à une responsabilité individuelle ni présumer qu’une même réponse convient à tous les milieux. Le critère à garder en vue est la protection de l’intégrité psychique, et non une déclaration générale sur le bien-être.
Pour préparer cette discussion, formulez les mesures envisagées avec des mots précis, puis reliez-les à la protection de l’intégrité psychique du travailleur évoquée dans la formulation relayée par l’APSAM. Cette démarche sert à clarifier le sujet abordé ; elle ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’une mesure particulière répond à toutes les situations.
Si vous examinez aussi un format d’accompagnement pour une organisation, Ombodhi présente son programme entreprise comme un parcours de 12 semaines. Ce repère décrit l’offre, sans établir à lui seul son adéquation à chaque besoin. Selon Les Affaires, Fauve Doucet souhaite que le prochain gouvernement partage cette responsabilité en épaulant davantage les entrepreneurs.

Les repères de la CNESST éclairent la demande de Doucet aux RH
Pour adresser une demande aux RH, partez d’un thème précis : les pages de la CNESST mentionnées dans la liste publiée par l’APSAM portent notamment sur la charge de travail, le soutien social, le harcèlement et la violence au travail.
La liste comprend aussi l’exposition à un événement potentiellement traumatique, l’autonomie décisionnelle, la justice organisationnelle et la reconnaissance, comme le précise l’énumération des sujets des pages de la CNESST.
Un sujet à la fois. Choisissez l’intitulé qui correspond à ce que vous souhaitez porter à l’attention des RH, puis distinguez le thème, la situation à discuter et l’échange attendu : une clarification, un arbitrage ou l’examen d’une piste. Cette structure aide à garder votre demande centrée sur un point identifiable, plutôt qu’à réunir plusieurs sujets sous une formule générale.
Par exemple, si votre demande concerne la charge de travail, reprenez ces mots et indiquez la question que vous souhaitez soumettre. Si elle touche au soutien social, nommez ce thème séparément. Pour la reconnaissance ou l’autonomie décisionnelle, utilisez également l’intitulé correspondant. Le critère qui tranche est le sujet précis à mettre en discussion.
Le passage de l’APSAM énumère des sujets, sans préciser quelle réponse les RH doivent apporter. Présentez donc votre demande comme un point à discuter, et non comme une conclusion déjà établie. Une formulation possible : « Je souhaite échanger sur la charge de travail et préciser le point qui doit être examiné. »
L’appel de Doucet distingue les difficultés liées au travail des problèmes personnels
L’EQSP 2014-2015 distingue la détresse psychologique élevée liée au travail de celle qui ne l’est pas, sans qualifier cette seconde catégorie de problème personnel, comme le précise l’enquête de l’INSPQ.
La formulation exacte est la suivante : « L’enquête permet ainsi de distinguer les cas de détresse psychologique élevée liée au travail et les cas de détresse élevée non liée au travail ». La distinction porte sur le lien avec le travail, pas sur une cause personnelle que l’enquête attribuerait aux cas non liés au travail.
La nuance est décisive. Pour évoquer ces catégories, reprenez les mots « liée au travail » et « non liée au travail ». Évitez de transformer “non liée au travail” en “problème personnel” : cette expression ajoute une interprétation que la formulation citée ne donne pas.
Dans un échange professionnel, distinguez donc ce qui est décrit de ce qui reste une interprétation. Vous pouvez nommer le lien avec le travail lorsqu’il est évoqué, sans présenter cette catégorie comme une explication complète de la situation. Si la conversation porte sur une difficulté qui n’est pas reliée au travail, gardez cette formulation, plutôt que de lui attribuer une origine privée.
Cette précision permet de parler de la responsabilité en santé mentale sans réduire les situations à deux cases opposées. Décrire le lien, sans supposer une cause, garde la distinction de l’enquête intacte et évite de présenter une interprétation comme un fait.
L’appel de Doucet face au précédent des congés maladie non comptés
L’appel de Doucet porte sur le partage de la responsabilité en santé mentale.
Ce sont deux questions distinctes.
Pour une organisation, le critère utile n’est pas seulement la façon dont une absence apparaît dans ses comptes. Il consiste aussi à se demander si la responsabilité est pensée avant que le congé devienne le sujet central de l’échange.
L’appel de Doucet prend alors sa portée : discuter du décompte ne devrait pas remplacer la question de ce que l’organisation choisit de porter collectivement. Le statut d’une absence ne tranche pas, à lui seul, la question de la responsabilité partagée.
La lecture d’une praticienne : quel soutien choisir après l’appel de Doucet ?
Après l’appel, choisissez le soutien selon votre besoin : parler à une personne liée au travail, solliciter un professionnel de la santé ou joindre Info-Social 811.
Le Gouvernement du Québec recommande, selon la situation, d’en parler à l’employeur, au supérieur, au délégué syndical ou à une personne de confiance, puis de demander l’aide d’un professionnel de la santé ou, si l’organisation en dispose, de son programme d’aide aux employés. Le premier relais peut être celui avec qui vous pouvez aborder la situation.
Le soutien n’a pas à être unique. Avant de prendre contact, formulez la question que vous souhaitez faire avancer et choisissez à qui la poser. Vous pouvez aussi distinguer le besoin d’une personne de celui de l’organisation : ce ne sont pas les mêmes démarches.
Si vous cherchez un conseil d’ordre psychosocial, Info-Social 811 peut répondre aux questions et orienter, au besoin, vers une ressource du réseau de la santé et des services sociaux ou une ressource communautaire. C’est un relais pour obtenir un conseil ou une orientation.
Pour une démarche au niveau de l’organisation, Ombodhi présente un parcours entreprise de 12 semaines, dont la deuxième phase prévoit deux groupes de cinq personnes. Ce format peut être considéré séparément d’un recours individuel à un professionnel de la santé ou à Info-Social 811.
Cette lecture concerne le soutien au travail et ne remplace pas un suivi professionnel.
La limite nommée par Doucet : quand passer des RH à une ressource professionnelle
Pour une difficulté de santé mentale, privilégiez une ressource professionnelle : le Gouvernement du Québec indique qu’une aide rapide après les premiers symptômes d’un trouble mental va de pair avec de meilleures perspectives de rétablissement.
Pour clarifier votre demande, séparez ce que vous souhaitez aborder au sujet du travail de ce qui concerne votre santé mentale. Cette distinction permet de ne pas traiter un échange avec les RH comme l’unique passage possible vers du soutien. Vous pouvez présenter votre demande simplement, sans poser vous-même de diagnostic ni devoir avoir déjà décidé de la suite. La distinction est utile.
Si votre question concerne un arrêt ou un retour progressif, l’Ordre des psychologues du Québec précise qu’un psychologue peut se prononcer sur leur pertinence et signer un billet d’arrêt de travail ou de retour au travail. La compensation d’un congé maladie est une démarche distincte : l’Ordre précise qu’elle dépend des exigences propres aux formulaires concernés. Ne déduisez donc pas la réponse sur la compensation du seul billet.
Vous pouvez préparer deux questions séparées : « Quel soutien professionnel puis-je solliciter ? » et « Quelles exigences s’appliquent au formulaire concerné ? » Ne faites pas des RH un préalable à la demande de soutien professionnel. Gardez l’échange avec elles pour les aspects du travail que vous souhaitez aborder, et adressez la question de l’arrêt ou du retour progressif à la ressource professionnelle concernée.
Ce qu’il faut retenir
Pour votre prochaine discussion avec les RH, choisissez un thème précis, comme la charge de travail ou le soutien social, puis formulez la question à examiner. Distinguez cet échange sur le travail d’une demande d’aide individuelle. Au Québec, Info-Social 811, 9-8-8 et 9-1-1 sont des ressources d’aide.
Ce contenu relève du mieux-être et ne remplace pas un suivi professionnel.
Sources
- Partageons la responsabilité de la santé mentale des employés avec le prochain gouvernement – Les Affaires, lesaffaires.com
- Santé psychologique au travail : nouveau contenu publié par la CNESST | APSAM, apsam.com
- Disparités en santé mentale et ses déterminants chez les jeunes du secondaire au Québec selon la langue d’enseignement, inspq.qc.ca
- Détresse psychologique | INSPQ, inspq.qc.ca
- The Daily : Mental health-related disability rises among employed Canadians during pandemic, 2021, www150.statcan.gc.ca
- Les déterminants de la détresse psychologique élevée liée au travail : résultats de l’Enquête québécoise sur la santé de, inspq.qc.ca
- Programme entreprise – Ombodhi Mag, mag.ombodhi.ca
- Appel découverte – Ombodhi Mag, mag.ombodhi.ca
- Alexandra Pouget – Ombodhi Mag, mag.ombodhi.ca
- Bonne santé mentale au travail | Gouvernement du Québec, quebec.ca
- Info-Social 811 | Gouvernement du Québec, quebec.ca
- Arrêt de travail – Ordre des psychologues du Québec, ordrepsy.qc.ca
Les sources consultées sont listées en fin d’article, consultées le 8 octobre 2026. Là où nous n’en citons pas, c’est notre avis, et nous l’écrivons comme tel.
Cet article donne des repères de choix et notre point de vue. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel sur une situation précise.
Il est publié par Ombodhi, qui a donc un intérêt dans le sujet.