Par la rédaction Ombodhi · Publié le · Mis à jour le · environ 9 min de lecture
Actualité : Dans son livre A pied d’œuvre, Franck Courtès raconte son quotidien de travailleur de plateforme. L’économiste Coralie Perez reconnaît dans ce récit tout un pan du monde du travail actuel, et tous deux en discutent. Leur dialogue sur la plateformisation, la précarisation du travail et la perte de sens se rattache directement au sujet de la perte de sens au travail. (Alternatives économiques, 18 juillet 2026).
Pour éclairer une perte de sens au travail, distinguez ce que le travail représente pour vous, ce que vous y apportez et les manifestations que vous ressentez. N’en déduisez pas un diagnostic à partir de signes isolés : décrivez-les, puis examinez le contenu du poste et votre expérience du travail.
L’essentiel en 30 secondes
- Décrivez votre vécu et les signes concrets sans poser de diagnostic.
- La prise de distance mentale, le cynisme et l’épuisement sont des dimensions associées au burnout par l’OMS.
- L’ennui et le burnout ne correspondent pas au même niveau d’exigences dans le cadre étudié par l’étude publiée dans Industrial Health.
- Si le rôle paraît flou, clarifiez les responsabilités et les exigences avant de conclure qu’un changement de poste s’impose, comme le recommande le HSE.
Comment le désengagement à l’égard du travail peut-il se manifester ?
Le désengagement peut se manifester par une prise de distance mentale avec le travail, du cynisme, de l’épuisement ou une efficacité professionnelle perçue comme diminuée, des dimensions que l’OMS associe au burnout.
L’INRS cite aussi le désengagement inhabituel, le changement d’attitude et le repli sur soi parmi les signaux qui peuvent interpeller l’entourage professionnel. Ces manifestations sont des repères à décrire, pas une conclusion sur leur cause.
Le mot « burnout » ne désigne pas un diagnostic médical dans la classification de l’OMS : l’organisation le classe comme un phénomène professionnel dans la 11e révision de la Classification internationale des maladies, et non comme une condition médicale (OMS).
Pour faire le point, partez de ce que vous pouvez nommer : une prise de distance, du cynisme, de l’épuisement ou le sentiment d’une efficacité diminuée. Distinguez ensuite ce que vous ressentez de ce qui peut se remarquer dans votre attitude au travail. L’INRS décrit la symptomatologie du burnout comme complexe et peu spécifique : un signe isolé ne permet donc pas de trancher la question de votre vécu.
Le repère le plus utile consiste à nommer une manifestation sans lui attribuer immédiatement une explication. Cette description vous donne un point de départ pour réfléchir à ce qui, dans le travail, mérite d’être examiné.
Pourquoi le travail touche-t-il à l’identité et aux relations avec les autres ?
Le travail, rémunéré ou non, occupe la majeure partie des heures d’éveil et contribue, pour bon nombre de personnes, à définir leur identité et à nourrir leurs relations avec les autres, souligne Le Devoir.
Pour réfléchir à la perte de sens, séparez ces deux dimensions au lieu de chercher d’emblée une explication unique. Demandez-vous ce que le travail représente pour vous, puis quelle place il prend dans vos relations avec les autres. Ces pistes peuvent être liées, mais elles n’ont pas besoin de se confondre.
Du côté de l’identité, réfléchissez à ce que vous aimeriez exprimer dans votre travail ou à ce que vous souhaitez pouvoir décrire de votre expérience. Du côté des relations, demandez-vous ce que vous aimeriez partager au sujet de votre travail et quelles relations comptent dans cette réflexion.
Vous pouvez garder ces questions ouvertes et retenir celles qui vous aident à préciser ce qui compte. Le travail peut contribuer à l’identité et aux relations sans résumer l’une ni les autres. Ce sont deux angles pour mieux formuler votre question, pas une mesure de votre valeur personnelle.
Le sens se trouve-t-il dans ce que le travail apporte ou dans ce qu’on y apporte ?
Pour explorer le sens du travail, examinez à la fois ce que vous en recevez et ce que vous y apportez. Une tribune du Devoir propose de chercher le sens moins dans ce que le travail procure que dans ce qu’on y apporte. Un article de recherche rappelle que la signification du travail relève aussi d’une perception personnelle (Frontiers in Psychology).
Choisissez une situation précise plutôt que de juger l’ensemble de votre métier. Décrivez-la avec vos mots, puis demandez-vous ce qu’elle vous apporte et ce que vous y apportez. Vous n’avez pas à trouver une réponse équilibrée ni à remplir chaque partie de la réflexion.
Vous pouvez noter, d’un côté, ce que vous associez à ce que vous recevez et, de l’autre, ce que vous avez apporté à la situation : une idée, une décision ou une manière de procéder, si ces mots correspondent à votre expérience. Gardez les éléments qui décrivent vraiment l’épisode.
Un même événement professionnel peut sembler très important à une personne et insignifiant à une autre, selon l’article de recherche de Frontiers in Psychology. Votre propre lecture est donc un point de départ pour réfléchir, et non une règle générale sur votre métier.
Le choix le plus utile est de laisser coexister ce que le travail vous apporte et ce que vous y apportez. Si une dimension reste plus difficile à formuler, notez-la sans en tirer immédiatement une conclusion sur vous ou sur votre activité.
L’ennui et la surcharge décrivent-ils le même vécu ?
Pas nécessairement : dans le cadre étudié, l’ennui est associé à de faibles exigences de travail, tandis que le burnout est associé à des exigences élevées, selon l’étude publiée dans Industrial Health.
Cette distinction aide à ne pas employer « ennui » et « surcharge » comme des synonymes. Elle porte sur le niveau des exigences dans l’étude, et ne suffit pas à expliquer ce qui donne ou retire du sens au travail.
Pour décrire votre situation, demandez-vous si les exigences vous semblent faibles ou élevées. Si aucune de ces formulations ne convient, gardez votre question ouverte plutôt que de forcer une étiquette. La distinction peut aider à choisir les mots, sans permettre de qualifier à elle seule toute expérience du travail.
Quels sont les signes de souffrance au travail ?
Parmi les signes à repérer figurent le manque d’énergie pour accomplir le travail et les difficultés de concentration ou de disponibilité mentale, indique l’INRS.
Ces signes ne déterminent pas, à eux seuls, la cause du vécu. L’INRS décrit la symptomatologie du burnout comme complexe et peu spécifique (ce qu’il faut retenir sur l’épuisement professionnel).
Pour formuler ce qui vous préoccupe, restez près des difficultés concrètes : manque d’énergie, concentration difficile ou disponibilité mentale réduite. Vous pouvez préciser la tâche ou la situation concernée, sans devoir décider vous-même d’une étiquette.
Si vous souhaitez aborder le sujet, le contenu de cet article relève du mieux-être et ne remplace pas un suivi professionnel. Vous pouvez commencer par une personne de confiance ou vous adresser à un professionnel.
Le programme d’Ombodhi prévoit une première phase de sessions individuelles et de modules Amplify Exécutif, avec ancrage somatique et schémas de fonctionnement (page du programme).
Sa phase de groupe prévoit deux groupes de cinq personnes, des sessions de 90 minutes en visioconférence et une bascule individuelle à la sixième semaine (page du programme).

Que peut éclairer le système nerveux dans le vécu du salarié et du dirigeant ?
La dimension corporelle du stress peut éclairer le vécu, sans expliquer à elle seule une perte de sens. L’INRS décrit le stress comme une réponse physiologique d’adaptation de l’organisme.
Pour un salarié, ce repère peut aider à distinguer une réaction de stress de la question plus large du sens du travail. Décrivez la situation que vous souhaitez examiner, puis séparez-la de l’interprétation que vous en faites.
Pour un dirigeant, l’approche la plus utile est de laisser la personne nommer l’élément qu’elle souhaite discuter, sans lui attribuer d’emblée une cause individuelle. La réaction corporelle et les questions liées au poste sont deux angles à garder distincts.
Quand vaut-il mieux commencer par clarifier le contenu du poste ?
Commencez par clarifier le poste si votre doute porte sur son contenu. Le HSE indique que les salariés doivent pouvoir comprendre leur rôle et leurs responsabilités, et que les exigences doivent être aussi claires que possible.
Pour avancer, séparez les questions : quel rôle est attendu, quelles responsabilités s’y rattachent et quelles exigences restent difficiles à comprendre ? Les formuler une à une permet de centrer la réflexion sur le contenu du poste.
Si le rôle ou les responsabilités paraissent ambigus, clarifiez ces éléments avant de conclure qu’un changement de poste est nécessaire. S’ils sont déjà clairs, ne faites pas de cette étape une réponse automatique à la perte de sens : elle aide à cadrer la réflexion, mais ne décide pas à votre place.
Questions fréquentes
Quels sont les signes de souffrance au travail ?
Le manque d’énergie pour accomplir le travail et les difficultés de concentration ou de disponibilité mentale font partie des signes cités par l’INRS. Décrivez-les sans les considérer comme un diagnostic.
- Le désengagement suffit-il à conclure à un burnout ?
- Non. L’OMS associe au burnout plusieurs dimensions, dont la prise de distance mentale, le cynisme et l’épuisement, mais le classe comme un phénomène professionnel et non comme une condition médicale (OMS).
- L’ennui et la surcharge décrivent-ils la même situation ?
- Dans le cadre étudié, l’ennui est associé à de faibles exigences et le burnout à des exigences élevées. Cette distinction ne suffit pas à expliquer toute perte de sens (Industrial Health).
- Que faire si le rôle paraît flou ?
- Commencez par formuler les responsabilités attendues et les exigences qui restent difficiles à comprendre. Le HSE souligne l’importance de rendre le rôle et les responsabilités compréhensibles.
Ce qu’il faut retenir
Choisissez une situation précise et distinguez ce qu’elle vous apporte, ce que vous y apportez et ce qui reste flou dans votre rôle. Nommez les signes que vous ressentez sans leur attribuer un diagnostic. Pour les organisations qui souhaitent aborder les risques psychosociaux, la page du programme d’Ombodhi présente ses phases individuelles et de groupe.
- Le Devoir
- Organisation mondiale de la Santé
- INRS, épuisement professionnel
- Frontiers in Psychology
- Industrial Health
- INRS, effets du stress sur la santé
- Health and Safety Executive, rôle au travail
- Programme B2B d’Ombodhi
- Appel découverte d’Ombodhi
Sources
- Burn-out an occupational phenomenon, who.int
- Epuisement professionnel ou burnout. Epuisement professionnel ou burnout – Risques psychosociaux – INRS, inrs.fr
- Frontiers | Sweeping the Floor or Putting a Man on the Moon: How to Define and Measure Meaningful Work, frontiersin.org
- Boredom and engagement at work: do they have different antecedents and consequences? – PMC, pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- Management Standards – Role – HSE, hse.gov.uk
- Programme entreprise – Ombodhi Mag, mag.ombodhi.ca
- Appel découverte – Ombodhi Mag, mag.ombodhi.ca
- Stress au travail. Effets sur la santé – Risques psychosociaux – INRS, inrs.fr
Les sources consultées sont listées en fin d’article, consultées le 4 octobre 2026. Là où nous n’en citons pas, c’est notre avis, et nous l’écrivons comme tel.
Cet article donne des repères de choix et notre point de vue. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel sur une situation précise.
Il est publié par Ombodhi, qui a donc un intérêt dans le sujet.